Les seins nus, le string doré et le burkini républicains !

Lundi 16 mai 2022, Mairie de Grenoble, aux alentours de 21 heures.

La délibération sur le changement de règlement intérieur des piscines municipales est passée.

Et, plus particulièrement, son si controversé article 10 qui permettra aux femmes de pouvoir aller à la piscine municipale les seins nus.

YES !

Euh, attendez.

Les femmes pourront y aller seins nus ?

A Grenoble ? En Novembre ? Vers 18h, au moment où la nuit tombe, quand la piscine est ouverte au public, des femmes vont nager dans la piscine, les seins nus ?

Ah, on me dit dans mon oreillette que ce sera plutôt aux beaux jours, l’après-midi, en famille.

Oui, mais là, je dis attention !

Attention à l’offense religieuse.

Des femmes seins nus, véritables tentatrices démoniaques en liberté ? Les Cathos ne vont pas apprécier. Quelle famille catho grenobloise va accepter que ses enfants soient ainsi soumis à la vue de ces attributs féminins largement étalés et dégoulinant de vice ?

Je pose la question : cette mesure ne serait-elle pas un peu catholicophobe ?

Et puis, je dis les cathos, mais d’autres religions sont touchées.

Voyez-vous, ce fameux article 10 autorise aussi les femmes de confession musulmane à se baigner en burkini. Ne vous inquiétez pas, c’est de la laïcité paraît-il.

Donc, ces femmes souhaitent protéger leur corps du regard lubrique d’hommes non respectueux attirés par leur corps de tentatrices.

Ah oui, c’est l’avantage du religieux : la femme est une tentatrice, quelle que soit la religion.

Revenons-en au burkini.

Là je dis : problème !

Problème au niveau des maris.

Comment feront les maris – vous savez : les maris pieux, eux-aussi de confession musulmane, au regard jamais concupiscents, comme tous les hommes mariés d’ailleurs, et de toutes confessions confondues – comme feront ces maris de femmes en burkini, pour gérer le grand écart émotionnel dans lequel ils seront placés ?

D’un côté, ils ne pourront pas observer le corps de leur propre épouse mais d’un autre côté, ils n’auront d’autre choix que de se régaler à s’en faire péter les cornées, tout occupés qu’il seront à mater à l’envi les citoyennes aux seins exposés.

Soumettre ces pauvres hommes à une telle tentation, une tentation contraire à leurs croyances religieuses, ne serait-il pas islamophobe ?

Ah ben non. Non, puisque justement ce vêtement de bain est là pour s’assurer que ces mêmes croyances soient respectées, mais uniquement du côté des femmes.

Et puis alors, pour les enfants, je vous raconte pas !

Mais Papa, pourquoi Maman cache son corps alors que la dame elle montre ses seins ?

Ne regarde pas. C’est hram.

Mais pourquoi, tu regardes ?

Ah c’est sûr, les gamins vont grandir avec une image bien positive de la femme qui assume son corps. C’est ça le côté progressiste des religions : femmes et enfants sont libres de se soumettre au règne patriarcal établi par des textes écrits exclusivement par des hommes.

Non, non pas des humains. Des hommes.

Ah ben tiens, les hommes, parlons-en ! Puisqu’il y a la masculinophobie aussi.

L’article 10 ne mentionne pas le port du string doré comme étant autorisé pour les hommes.

Je dis ça, car le texte interdit les shorts et les tee-shirts flottants mais il mentionne des vêtements qui doivent bien coller au corps.

Justement le string doré ça colle bien au corps. Moi, j’aime bien le maillot string doré, chaque fois que je mets, ça réveille mon côté.e féminin.e.

Et donc, je n’aurais pas le droit de le porter si je vivais à Grenoble ? J’imagine qu’il doit sûrement y avoir des grenoblois qui se laisseraient bien tenter par ce vêtement saillant, non ?

Quelle fatigue mon dieu.

Certains diront que je suis dans la caricature. Un humoriste dans la caricature, c’est tellement nouveau.

Mais l’humour appuie là où ça fait mal. C’est cette douleur qui fera que l’on me traitera de raciste portant un discours absurde qui inverse la charge de la preuve en manipulant le sens d’un texte.

C’est vrai. Mais comme disent les enfants : « C’est pas moi qui ait commencé« .

Vraiment, je suis très inquiet pour les humoristes.

Le métier n’est plus ce qu’il était.

On reproche désormais aux humoristes de ne plus être dans la critique politique forte, tel que le fût Guy Bedos, et d’être une peu trop consensuels.

Mais c’est normal : les homme.e.s politique.e.s sont tellement dans la caricature d’eux-même, qu’il n’y a même plus à les singer.

Ils font tout le boulot à notre place.

Je garde l’espoir tout de même.

Je garde l’espoir, car de la même manière qu’en France nous savons faire la différence entre un grand cru, et un pinard, je suis convaincu que nous saurons toujours faire la différence entre un grand leader, et un politicard !

******

Paris – 12 Juin 2022 – Théâtre ESSAION – 20h

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