
City with people walking out of focus (by benzoix)
Il y a trop d’options dans ce monde. Trop de possibilités, trop de concurrence, trop de gens, trop d’idées, trop d’information et trop de conseils à suivre.
Comment suis-je censé trouver ma place au milieu de ce chaos ? Quel chemin choisir ?
Celui qui est qui guidé par mon instinct me répondrez-vous.
Certes, notre boussole intérieure reste notre meilleure arme pour faire le tri et aller vers ce qui nous correspond. C’est cette boussole qui nous permet de ne pas faire les choses parce qu’il le faut, mais parce qu’elles nous appellent et parce que l’on ne peut résister à cet appel.
Parfois notre mental, notre ego, notre fierté ou simplement nos peurs nous empêchent de suivre ce chemin instinctif vers notre place : Que vont dire les gens ? Est-ce que c’est vraiment cela que je veux ? Est-ce que je vais y arriver ? Etc.
Ce qui me perturbe à titre personnel, c’est qu’à différentes époques de ma vie, j’avais profondément le sentiment d’être à ma place.
Lorsque j’exerçais le métier d’ingénieur en informatique, je menais ce métier avec passion et j’étais d’ailleurs reconnu comme quelqu’un de professionnel et d’efficace.
Par la suite, en devenant fonctionnaire, j’ai nourri une vision du service public pendant une dizaine d’années avec pas mal d’engagement et il ne m’est jamais venu à l’idée que je n’étais pas à ma place.
Puis, pour des raisons que je ne détaillerai pas ici car ce serait trop long, j’ai décidé de développer ma vocation de coach, en devenant entrepreneur, car j’aimais aider les gens à progresser dans leur carrière. Là-aussi, ma place était toute faite et mon entourage me témoignait le fait que, oui, ce métier me correspondait parfaitement.
Jusqu’à ce que les choses bougent de nouveau et que j’assume enfin le fait qu’au-delà de tout ce que j’avais traversé dans le monde professionnel, je voulais juste divertir les gens et être aimé pour cela. C’est à cette époque-là que j’ai commencé à jouer mes premier sketchs et à monter sur scène. J’ai entendu une voix en moi, un voix venu de profundis qui m’a clairement dit : « Fais un One Man Show » et j’assumais enfin le fait que je n’étais pas ce que je pensais être.
Me voici donc humoriste depuis dix ans.
Ceci étant, suis-je vraiment à ma place ?
Si c’est le cas, cela signifie qu’il y aurait une place pré-déterminée pour chacun d’entre nous en ce monde. Nous serions tous destinés à trouver un endroit qui aurait été calibré et conçu pour que notre être puisse s’épanouir et jouer son rôle le monde et dans l’univers ?
C’est une pensée très agréable mais qui peut nous amener à une attitude individualiste et consumériste : où est ma place ? Puisqu’elle existe, je la veux puisque j’y ai droit !
Mais alors comment se fait-il que j’ai eu le sentiment d’en avoir plusieurs depuis près de 30 ans ?
Mes réflexions m’amènent désormais à penser que l’on peut se sentir à sa place à plusieurs moment de sa vie. Mais que l’on va changer, que l’on va évoluer et grandir et que, par conséquent, nous serons amené à laisser derrière nous cette place pour en trouver une autre.
Par ailleurs, je crois que le vocable « Trouver sa place » est trompeur. Je ne crois pas que nous puissions demander à trouver notre place. Je ne pense pas qu’il soit bon de vouloir trouver sa place comme un Graal absolu et immuable.
En revanche, en tant qu’humains, je crois que nous sommes destinés à prendre notre place. Je pense que la vie est faite pour que justement nous agissions, que nous faisions des choix et que nous menions les combats nécessaires pour atteindre et créer notre place.
Faire son trou disait les anciens. Faire son trou, cela demande de creuser.
Je pense sincèrement que rien ne nous est dû dans l’absolu et que nous sommes confrontés au tourbillon de la vie pour qu’au final nous agissions pour prendre notre place en faisant ce qui nous semble juste et qui nous permette de nous faire sentir comme appartenant pleinement à ce monde.
Au final, prendre sa place ne règle pas les problèmes que nous aurons en tant qu’humains. Cela ne signifie absolument pas que la vie sera faite uniquement de choses positives et agréables. Cela ne gomme pas les doutes ou les impasses, les douleurs et les chagrins.
Mais cela nous donne au moins le sentiment de ne pas marcher à côté de nous-mêmes. Et cela donnera un sens à notre vie.
Donner du sens. Pas trouver. Donner.
Si la vie avait un sens, on s’arrêterait de la chercher — Albert Camus
