
Végan
Je dois reconnaître au mouvement Végan la qualité d’avoir éveillé les consciences, ou du moins la mienne, sur la souffrance que l’humain inflige aux animaux pour des raisons parfois vraiment douteuses. Remarquez, quand on voit ce que l’humain inflige à l’humain, c’est sûr que des poules en cage ou des oies en batterie, ça passe sans problème. Peut-être, d’ailleurs, que si nous prenions un peu plus soin de notre communauté d’humains, nous deviendrions bien plus respectueux des ressources naturelles de ce monde.
Pour être tout à fait franc, jusqu’à lors, je ne prenais pas vraiment mes responsabilités pour tout ce qui concerne le respect de la biodiversité. En effet, je pensais que les vrais méchants, les salauds, ce n’était que ces humains qui s’octroyaient le droit de massacrer des éléphants, des rhinocéros, des baleines ou des requins pour la valeur marchande qu’ils représentent. Je ne réalisais pas que, moi- même, en consommant aveuglément de la chair animale, je participais, ne serait-ce qu’indirectement au traitement ignoble que subissaient les animaux.
Je me suis donc dit que je pouvais limiter ma consommation de viande, mettre les choses en perspective et réfléchir à de nouvelles manières de concevoir mon alimentation. Merci donc au mouvement Végan de nous aider à porter un regard plus juste sur le monde du vivant.
Bien. Passons maintenant à l’authenticité de mon propos.
Malgré tout le bien que je viens d’en dire, je pense qu’à un certain niveau, le Véganisme est un mouvement souvent idéaliste, un peu puéril et hypocrite. Il a tendance à nous éloigner les uns des autres et, surtout, il n’apporte aucune vraie solution à notre condition actuelle. Pourquoi dis-je cela ? Parce je pense qu’il faut certes protéger le règne animal, mais pas au détriment de l’être humain. Je trouve incohérent, obscène et franchement dégueulasse de la part de certains végans de se permettre dans de le même temps de :
• s’acheter des vêtements à base de fibre synthétique,
• de manger des steaks végétaux industriels au possible,
• de consommer de la vitamine B12 de synthèse,
• de culpabiliser les gens qui cherchent juste à s’alimenter, • de s’endormir avec une forme de bonne conscience en se disant que eux, ils sont irréprochables.
Une grande partie de l’humanité n’a pas de quoi se nourrir et il faudrait désormais se priver totalement de ce qui pourrait nous permettre de survivre ? De là où je viens, ce discours-là ne passe pas.
Dans ma famille, comme dans d’autres, les gens ont eu faim. Ils se sont serré la ceinture longtemps et beaucoup. Que ce soit du côté arménien, par mon père, avec la fuite qui suivit le génocide, ou du côté espagnol et italien, par ma mère, tous les miens ont un jour ou l’autre « crevé la dalle ». Il fallait survivre. Ils devaient partager, les frères et sœurs étaient nombreux et il n’était pas rare que l’on saute un repas. De là où je viens, manger c’est avant tout rester en vie et en bonne santé. Fort de ce vécu, je me mets à la place de tous ceux qui fuient aujourd’hui des régimes violents et qui subissent un exil forcé. Ils viennent chercher chez nous un minimum de dignité humaine, ne serait-ce que par le fait de pouvoir nourrir leurs enfants, et ce qu’on leur dit c’est : « Non, il ne faut pas manger de la chair animale ? » Vraiment, du fond du cœur, je ne comprends pas que l’on préfère avoir de l’empathie en premier lieu pour des animaux, même s’ils ont une sensibilité indéniable, avant même d’avoir de l’empathie pour des humains. On pourrait me l’expliquer mille fois que je ne pourrais adhérer à ce propos. Voilà d’où vient mon rejet de toute cette bonne conscience alimentaire.
Ceci étant, prenons un peu de recul.
Plutôt que de limiter la base de mon discours à une sphère émotionnelle et personnelle, allons sur le terrain des arguments et de la réflexion. En effet, je trouve les arguments donnés par les porteurs de ce mouvement très fragiles. Ils ne vont pas au bout des choses, et ne ciblent jamais vraiment le vrai problème. Quitte à régler le problème de l’exploitation du vivant par l’homme, autant y aller à fond. Quel est ce problème ? Il n’y aura pas de grande révélation venant de ma part pour répondre à cette question. Mais plutôt que de l’exposer directement, je préfère faire une liste d’arguments végans qui, selon moi, ne tiennent pas la route mais permettent de mettre en avant ce à quoi il faut vraiment réfléchir.
Manger un œuf, c’est manger un être vivant
Certes. Sauf que, la poule pond des œufs, tous les jours, qu’ils aient été fécondés ou pas. La poule n’a pas besoin du coq pour pondre des œufs. Dans tous les cas, même si l’humain n’était pas sur Terre, les poules pondraient des œufs malgré tout. Les œufs ont toujours été pondus, avant même que le concept végan n’existe. Peut-on faire un procès d’infanticide aux poules, qui de manière inconsciente pondent des œufs non fécondés ? Saletés de poules irresponsables !
C’est ainsi : les poules pondent des œufs et ce, depuis toujours. Et donc ? Nous devrions culpabiliser de manger un œuf sous prétexte que potentiellement, il aurait pu donner lieu à un poussin si un coq avait bien voulu honorer madame la poule ? Non. C’est là du principe idéaliste qui, à part permettre d’observer pourrir des œufs par centaines, posés à terre après la ponte, n’amène à rien.
En revanche, placer des milliers de poules dans des cages, dans des conditions infâmes pour en extirper le maximum de bénéfice financier, ceci n’est plus acceptable. Sauf, que pour le coup, ce n’est pas manger un œuf qui est un problème, mais la production industrielle qui s’est organisée autour de cette ressource animale. C’est parce qu’un humain a décidé que le mot « alimentation » pouvait signifier « commerce » que les choses ont commencé à partir en sucette. Quand j’étais enfant, sur l’enseigne des magasins était écrit « Alimentation ». Preuve de l’association entre l’outil de vente et la ressource qu’il représente.
L’animal n’est pas fait pour créer des vêtements
Je ne reviendrai pas sur le cas de ces salauds qui dépècent des animaux pour en faire des vêtements de luxe ou des trophées de chasse, car ils n’entrent pas dans mon propos. Je m’intéresse à la survie des espèces et à celle de l’homme en priorité. Je me dis donc que nous devrions être heureux que le mouvement Végan ne soit pas apparu il y a quelques centaines d’années. Si cela avait été le cas, les Inuits qui ont survécu grâce aux peaux de bêtes, à la graisse d’otarie, les habitants de l’extrême nord de l’Europe, ainsi que ceux de la Sibérie, auraient tous disparu depuis fort longtemps.
Nous avons survécu grâce à l’animal, et qui plus est, l’animal a survécu grâce à l’animal. Nous sommes une espèce animale et nous sommes profondément attachés, en tant que représentants du vivant, à notre survie. Quoi que nous ayons traversé, nous avons appris à nous adapter. Que ferions- nous, végan ou pas, si nous devions survivre face au froid ou à la faim, sans rien autour d’autre que la nature pour nous y aider ? Qui se laisserait mourir de froid ou de faim ou se laisserait manger sous prétexte que l’animal, lui, « il est plus respectueux de la nature » ?
Je nous souhaite de ne jamais croiser un lion affamé. Son respect de la nature pourrait nous paraître tout à coup bien plus contrasté. N’oublions pas que, dans certains cas, les lions mangent leurs jeunes. « C’est normal, ils ne sont que des animaux. » diront les végans ? Et oui, sauf que, chers amis végans, on ne peut pas en même temps prêter des vertus de supériorité éthique aux animaux, et leur trouver des excuses lorsque cela nous arrange.
Qu’on le veuille ou non, des représentants d’espèces animales qui se mangent entre eux, cela fait aussi partie de « la nature ». Une nature dont nous sommes partie prenante. Si demain nous en venions à avoir faim, que nous soyons végans ou pas, nous redeviendrions des lions. Nous ferions ce qui est en notre pouvoir pour manger, nourrir nos enfants et survivre. Et si c’est du lapin ou du canard, nous le ferions quand même.
Je pense d’ailleurs – et je reconnais que ce que je vais dire n’est qu’un croyance et absolument pas un fait scientifique – que si nous ne sommes pas restés des cueilleurs, c’est parce qu’à un certain moment, dans certaines régions du monde il n’y avait rien à cueillir et que l’instinct de survie nous a amenés à trouver d’autres alternatives. Et si l’on s’y intéresse de plus près, nous n’avons jamais été des cueilleurs. Nous étions des chasseurs-cueilleurs.
Produire de la viande pollue
C’est vrai. À 100%. Indéniable. Supposons donc, qu’en effet, nous arrivions à nous affranchir de la chair animale. Nous arrêterions les usines et laisserions enfin les bovins, ovins et volailles en paix. Il nous faudrait donc des substituts végétaux pour nous alimenter, dans la mesure où le sable et la pierre ne sont que très peu nourrissants pour l’homme et très difficilement digestibles.
Sauf que, le problème persisterait : nous ne mangerions plus de viande, mais nous serions toujours autant d’individus sur Terre. Et il faudrait nourrir tout ce beau monde. Et vu que l’avidité de l’homme serait toujours bien présente, l’humain en arriverait à produire de manière industrielle du « végétal » et s’en prendrait directement à toutes les ressources naturelles disponibles : plantes, racines, fruits, légumes.
C’est d’ailleurs déjà le cas. Les sols agricoles sont déjà ultra- utilisés, massacrés, surexploités à des rythmes infernaux par de grands groupes alimentaires, pour de simples raisons de rendement. Les graines sont génétiquement modifiées permettant ainsi aux industriels d’avoir un contrôle complet sur la qualité de ce que l’on mange. La vie elle-même est devenue un produit. Très bientôt, la nature ne sera plus naturelle.
Je vous laisse donc imaginer ce que cela serait si, en plus de cela, notre seule source d’alimentation venait du végétal. Animal ou végétal, il y aura toujours des financiers avides de s’engraisser sur le dos des humains qui veulent juste se nourrir. Au final, nous assècherions la terre avec un rythme commercial supérieur à celui de la nature. Et qui en ferait les frais ? Tout le règne animal. Surconsommer du végétal amènerait donc au même résultat que surconsommer de la viande. Par conséquent, ce n’est pas le fait de manger de la viande qui est un problème.
Manger un steak, c’est manger du cadavre
Ok. En partant de ce postulat culpabilisant, les végans et les végétariens ont créé à eux seuls un marché entier sans que les industriels n’aient eu à créer la moindre campagne marketing. Pour créer du Red Bull, il a fallu beaucoup, beaucoup de campagnes de test marketing. Tout simplement parce que personne ne s’est jamais levé le matin en exprimant ex nihilo qu’il voulait une boisson énergisante à base de taurine, saturée en sucres, pour la mélanger dans de la vodka en boite de nuit.
En revanche, pour le bio, le végan et le végétarien, si. Le besoin a été exprimé directement. Réaction des industriels « Vous voulez du bio, du végan ? Mais bien sûr mes petits amis, on va vous créer ce dont vous avez besoin. Et en plus vous savez quoi ? On va vous faire payer encore plus cher pour ça. » Ce sont les mêmes industriels qui créent des mouroirs à porcs chargés d’antibiotiques, qui au travers d’une autre filiale de leur groupe créeront des plats végétaux bio et éco-responsables pour une clientèle captive dès le début. Et une fois de plus, la source du problème est la même.
Toutes les vies se valent
Pourquoi pas. J’entends vraiment le discours anti-spéciste, et je me dis qu’en effet, aucun veau ou lapin, ne se réveille un matin en estimant « qu’il est né pour mourir ». Je me souviens de cette vidéo d’un agriculteur racontant qu’un jour, après avoir retrouvé une de ses vaches après de longs mois d’absence, celle-ci s’était approchée de lui et lui avait donné un léger coup de tête au niveau de la poitrine, au niveau du cœur. Il expliquait, les larmes aux yeux, que pour lui, ce geste n’avait pas été anodin et que cet animal venait de lui dire combien il était heureux de le retrouver. Deux représentants du vivant ressentant une connexion.
Pourtant, quelque chose coince au niveau du raisonnement anti-spéciste. Si toutes les vies se valent, si nous ne sommes pas censés nous en prendre au règne animal et si les animaux et les humains sont égaux, cela signifie que les animaux ne sont pas censés s’en prendre à d’autres animaux non plus. Pour résumer : si l’homme et l’animal sont égaux à cent pour cent, et que « manger de la viande c’est mal », alors ça l’est pour tout le monde.
Comment allons-nous expliquer à un lion ou à un requin de ne pas s’en prendre à leur proie, même s’ils sont carnivores et qu’ils n’ont pas le choix ? Là où je veux en venir, c’est que l’argument de l’égalité ne tient pas pour les animaux eux- mêmes. Alors pourquoi tiendrait-il pour nous ? Comment expliquer à un animal qu’il ne peut s’en prendre à un humain ? Ou alors, cela signifie que pour ce point-là, nous ne sommes pas égaux avec les animaux. Et que donc, nous ne sommes pas égaux du tout.
C’est le problème avec l’égalité : soit elle est bilatérale, soit elle ne l’est pas. Il n’y pas d’égalité sélective ou contextuelle. Ah, oui je vois, nous les humains, nous avons le choix du fait de notre intelligence et ce n’est pas notre instinct que de tuer. Tant qu’on a à manger, certes. Mais si nous devions expérimenter la faim…Généralement face à la controverse que je viens d’apporter, c’est l’argument suivant qui est présenté par les végans, celui qui contredit directement celui que nous venons de voir.
Tue-le toi-même
Celui-là est assez surprenant. Manger de la viande se mérite et, pour certains végans, la noblesse vient du fait de tuer la proie soi-même, pour manger. Donc, si j’étais chasseur, je mériterai plus ma pitance ?
Très bien. Devenons donc tous chasseurs. Si nous devenions tous des tueurs d’animaux, arme au poing, et que nous tuions uniquement les proies dont nous avons besoin, alors, les choses seraient acceptables ? Le problème est que tout le monde n’est pas câblé pour tuer des animaux. C’est pour cela, qu’à une époque, seulement certains membres de la tribu se dédiaient à la chasse.
Pourquoi les choses ont-elles dégénéré ? Parce qu’un jour, quelqu’un a dit : « Maintenant, vous allez me payer pour que je chasse pour vous » et qu’en même temps d’autres personnes se sont dit : « Puisque il y a des chasseurs que l’on peut payer pour chasser, pourquoi je vais m’embêter à chasser moi-même ? » Et depuis nous payons pour avoir la nourriture directement dans notre assiette. Une fois de plus, le problème est ailleurs.
La conscience de l’homme
Une seule espèce possède la conscience. L’homo sapiens sapiens. Nous. Les animaux ont développé des formes d’intelligence et sont dotés d’émotions, mais ils n’ont pas conscience d’eux-mêmes. Ni des autres. La gazelle ne sait pas qu’un léopard est un léopard, et ne sait même pas qu’elle est une gazelle. Ainsi, sous prétexte que nous sommes intelligents et conscients, nous aurions une responsabilité supérieure qui devrait nous amener à pouvoir nous soustraire à notre condition de membre du vivant et avoir la charge à elle-seule en tant qu’espèce de toutes les autres espèces. Je trouve cela un peu mégalomane, et finalement très humain. Mais pourquoi pas. Sauf que là encore, ça n’est pas à la carte et il faut aller au bout de choses.
S’il est question de faire jouer notre conscience, nous ne devrions pas posséder des chiens ou des chats ou autres animaux domestiques. Surtout que nous les nourrissons avec quoi ? Des bonnes pâtés industrielles ou des croquettes artificielles polluantes et très peu respectueuses de l’environnement. Ne faudrait-il pas les libérer pour qu’ils prennent leur place par eux-mêmes dans le règne animal ? Il faudrait qu’ils chassent à nouveau, qu’ils trouvent d’autres sources de tendresse, qu’ils survivent d’une manière ou d’une autre. Mais au moins, tout le règne animal serait respecté. Non ?
Au final
Je trouve trop facile de vouloir garder tous les avantages que nous procurent les animaux et jeter la pierre à ceux qui selon moi se comportent juste comme des humains, c’est à dire qui consomment raisonnablement ce que la terre leur offre. Je trouve indécent que l’on veuille culpabiliser les humains de se nourrir surtout lorsque l’on sait qu’une grande partie de l’humanité ne mange pas à sa faim.
Je pense que le mouvement Végan a été créé par de gens qui n’ont jamais souffert de la faim et qui ont voulu aussi se donner un rôle dans notre société. C’est pour cela que c’en est devenu un culte, une religion qui comme toutes les religions est chargée de principes de culpabilité et de pénitence. Et je trouve cela inhumain.
D’un autre côté, ce qui est inhumain, c’est d’avoir transformé la moindre ressource naturelle, qu’elle soit minérale, végétale ou animale, en une source de profit.
Même le vide du ciel en est victime : ne paie-t-on pas plus cher pour avoir une belle vue ? Payer cher, pour « voir » de l’air. Pardon, mais je trouve ça d’une débilité affligeante.
Comment fait-on pour accepter cela ? Comment fait-on pour le justifier ?
J’évoque la transformation de ressources naturelles en source de profit mais on pourrait aussi noter que la transformation peut se faire en source de plaisir. Je pense là à l’expédition annuelle Miss France qui amène toutes ces candidates à l’autre bout du monde pour nager avec des raies mantas et « vivre une expérience de connexion à la nature ». Sérieusement ? Mais quelle raie manta s’est dit un jour : « Tiens, j’aimerais bien croiser une Miss France en bikini » ?
Remarquez, derrière ce plaisir il y a encore du ? Du ? Du profit. Pour en revenir à la nourriture : les sociétés qui distribuent de la nourriture ne le font pas seulement pour que nous puissions nous nourrir. Elles ne le font pas non plus pour vivre décemment. Non : elles le font pour s’enrichir massivement. Le problème, ce serait donc notre société de consommation. Mais qu’est-ce que la société de consommation ? Certains diront que ce sont les seigneurs de la grande finance et leur avidité qui sont à l’origine de tout. Ils en veulent plus et plus et encore plus.
Certes, mais qu’en est-il de l’avidité qui amène tous ces gens à se ruer dans les magasins comme des fous, dans tous les pays du monde, lors de l’ouverture des soldes ou des Black Fridays ? C’est la même avidité qui unit tous les êtres humains, et qui est basée sur le même ressort psychologique : la peur du manque. Nous devrions prendre confiance autour du fait que, globalement, il y a assez pour tout le monde. Mais l’humain n’est pas fait ainsi. Gandhi le disait : « Notre problème, c’est la peur. » Nombre de paquets de pâtes et de rouleaux de papier cul stockés pendant la crise du Coronavirus pourraient vous le confirmer. Ghandi n’a jamais eu aussi raison.
Avec un peu de hauteur, et en sortant du débat « végan ou pas végan », la question n’est donc pas de savoir ce que nous devons consommer, viande ou pas viande. La question c’est de savoir comment moins consommer de tout. Les végans sont apparus à cause des ravages de la société de consommation. S’il n’y avait pas eu toute cette surexploitation animale, jamais les végans n’auraient eu à mettre en œuvre des actes excessifs pour nous alerter sur notre propre dérive. Certes la société a changé, mais nous sommes la société. De la même manière, nous sommes la société de consommation. Nous aussi nous avons créé cela en acceptant cette débauche de produits et services. Cela nous arrange de ne pas trop la remettre en question. Moi le premier. Nous pourrions changer tout cela. Le problème évoqué depuis le début de ce chapitre, ce n’est donc pas les végans, les industriels, l’argent ou la consommation.
Le problème, c’est nous.