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Nicolas Bedos dans la tempête du monde de maintenant

Cher Nicolas.

Vous voilà désormais dans la tempête.

Que n’avez -vous pas dit en invitant le peuple français à vivre au-delà de ses propres peurs !

Vous voilà désormais qualifié d’égoïste alors que justement vous invitez chacun à se rapprocher de l’autre et à ne pas trouver de prétexte pour ne pas vivre pleinement chaque seconde du temps qui nous est offert sur Terre.

Société du raccourci intellectuel, du jugement suprême digital et de l’immédiateté pulsionnelle, personne n’a souhaité prendre un peu de recul ou essayer de comprendre ce que vous tentiez de dire.

Je fais front avec vous sur l’idée que vivre ce n’est pas que profiter lorsque tout va bien, mais que c’est aussi avancer coûte que coûte lorsque les nuages grondent.

Je connais votre inquiétude pour nos enfants qui vont grandir avec le souvenir d’un masque sur le visage ou du manque d’embrassade avec leurs proches. Des enfants qui connaîtront certaines frustrations dès le plus jeune âge.

Je connais par ailleurs votre détermination à ne baisser ni le regard ni l’âme face à toute entrave à la liberté de respirer, de marcher, d’embrasser et d’aimer. En pleine période du procès des attentats de Charlie et au lendemain d’une nouvelle attaque fanatisée, s’éloigner les uns des autres et se renfermer pour diminuer l’impact de ce virus nous rappelle que nous menons plusieurs combats pour la liberté et la survie en même temps.

Je comprends tout comme vous, et seulement depuis peu, moi qui ai eu si peur de vivre pleinement toute ma vie, que vivre c’est assister pleinement à chaque seconde de notre existence même si celle-ci doit se terminer la seconde qui suit.

Je partage donc votre vision des choses.

Pourtant, je voudrais apporter un angle de perception personnel à votre vision. Voyez-y une nuance complémentaire, et non pas contradictoire.

Cette perception s’est offerte à moi lorsque je me suis reconnecté à ces histoires que vous avez sûrement entendues vous-mêmes. Je parle là de l’histoire de nos parents ou grands-parents qui ont vécu soit l’occupation, soit l’exil et qui, enfants, n’ont pas pu avoir tout ce qu’il voulait lorsqu’ils le voulaient. Ou du moins comme ils le voulaient. La France du passé est souvent idéalisée mais la rudesse et le manque étaient là. Le monde n’était pas présenté comme une corne d’abondance aux enfants. Certes l’insouciance était de mise, mais elle se rabougrissait parfois lorsqu’ils devaient revoir leurs espoirs à la baisse en espérant des jours meilleurs.

Qu’ont-ils fait lorsque l’ombre fût partie et qu’ils furent devenus adultes ?

Ils ont fait ce que vous nous invitez à faire.

Ils ont vécu pleinement avec la même intensité que j’ai trouvée dans votre appel. Ils ont goûté la vie sans peur du lendemain. Ils étaient heureux d’être là. Ils ont pris des risques. Ils ont créé et nous ont donné la société française que nous connaissons. Ils ont élevé des gens comme vous, comme moi en leur passant le message que rien n’est acquis dans la vie et qu’il faut savoir profiter du temps qui nous est offert.

Bien sûr,  nous nous en foutions. Parle toujours, parle toujours.

Ceci dit, ce souvenir me fait me poser la question suivante : peut-être nous sommes en train de vivre le même genre de période d’empêchement ? Au sortir de cette épreuve, saurons-nous à nouveau vivre pleinement tout en gardant le souvenir que cela pourrait nous être enlevé ?

Vous souvenez-vous Nicolas ? Dans le monde d’avant, certains hypocrites plaidaient pour « le retour aux vraies valeurs, au collectif ». « Et bien nous y voilà ! » pourrions-nous répondre. Nous sommes dans le collectif, le vrai. Nous devons faire front ensemble. Comme ces réfugiés qui sont nos contemporains et qui traversent les mers sur de frêles esquifs. Car le collectif n’est pas qu’un mirage. Ils nous le disaient nos vieux :  ce n’est pas toujours drôle le collectif. Ca pue le collectif. Ca frustre le collectif. Nos parents, nos grands-parents nous l’avaient dit. Mais une fois de plus, nous nous en foutions.

Mais là, nous y sommes.

Restons optimistes : la crise actuelle pourrait nous permettre de vivre un collectif réaliste où il faut tenir, se soutenir, traverser la tempête sur le bateau de notre société pour profiter de la terre d’accueil qui nous apparaîtra bientôt.

Qu’allons nous laisser à  nos enfants ? Jusqu’à présent nous semions des « Y a qu’à – faut qu’on » complètement irréalistes. Des sales habitudes de personnes « mondialisées » qui pensent le monde dans des espaces zen en sirotant un café latte sans jamais lâcher sur leurs petits avantages personnels.

Avec cette crise nous pourrions laisser autre chose à nos enfants. Une réalité qui n’est pas toujours agréable mais qui rassemble et donne envie de vivre pleinement une fois la tempête passée.

Nous pourrions leur laisser le sentiment que le bonheur ou la sérénité sont possibles mais qu’elle se méritent, ne nous sont pas dues et surtout, qu’elles ne sont jamais acquises éternellement.

Deviendrais-je vieux comme nos anciens Nicolas ?

Peut-être pourrions-nous transmettre la résilience, la patience, l’espoir intérieur comme comme le font encore certains peuples bombardés quotidiennement de nos jours. Si vivre, c’est se jeter dans le flot de notre société sans peur des conséquences, cela signifie donc que vivre c’est aussi traverser la vie avec tout ce qu’elles nous apporte, le bon comme le mauvais.

Vous et moi sommes de la génération de la Démocratie acquise, de la Sécurité sociale éternelle et de la consommation comme point de repère. Nos aînés et nous-mêmes avons été peut-être un peu trop gourmands.

Mais qui peut leur en vouloir ? Après le manque, il est légitime d’en vouloir un petit peu plus que la normale.

Peut-être pourrions-nous expliquer à nos enfants que nous ne pouvons pas tout faire ou tout avoir parce que nous sommes accrochés désespérément à notre désir de vivre ? Mais nous pourrions ajouter que ce désir de vivre, cette passion fougueuse qui comme moi vous anime, c’est notre fil d’Ariane. Celui qui nous permet de tenir un cap dans l’obscurité. Aujourd’hui, nous sommes dans la tempête. Le mal au coeur est permanent et la peur nous étreint. La tristesse aussi, celle qui nous ramène aux compagnons fidèles perdus en route et à notre espoir qui parfois vacille.

Pourtant, dans la tempête, la brutalité du quotidien nous amène à ramer, à écoper et à tenir bon dans l’obscurité.

J’ai envie de vivre comme vous Nicolas et j’ai compris votre cri du coeur.

Car c’est bien de cela dont-il s’agit non ? Ce que j’ai entendu dans vos mots c’est « J’en peux plus putain de merde, je ne veux pas de cette vie-là ! Arrêtons d’avoir peur ! » et non pas un injonction qui aurait signifié « Rien à foutre de ceux qui meurent ».

Ce sont vos juges, bien trop pressés à vous dégommer, qui pensèrent ainsi. Ils se sont fait le plaisir de saisir le premier raccourci intellectuel à portée de neurone afin de prendre vos mots au premier degré sans vouloir y déceler l’intention cachée derrière.

Je vous sais humaniste et je sais que vous ne supporteriez pas l’idée que notre insouciance juvénile nous amène à voir des gens mourir littéralement chez eux ou dans les rues comme ce fût le cas dans certains pays, parce que notre système de santé ne pourrait plus les accueillir face à une trop grande affluence de malades.

Je suis comme vous Nicolas. Je n’en peux plus.

Je n’en peux plus de ne pas jouer sur scène, de ne pas embrasser mon fils, de ne pas serrer mes parents dans les bras. J’en ai marre de ne pas danser, de ne pas aller à un concert ou simplement de boire une bière à un comptoir.

Mais je me souviens que nous sommes dans la tempête. Qu’il nous faut ramer. Écoper. Tenir bon dans l’obscurité.

J’essaie au mieux de traverser ma frustration et ma tristesse. J’essaie de leur donner du sens tout en restant connecté à mon désir de vie. L’envie est là. Je me permet juste de la différer dans le temps.

Je ne veux pas passer ma vie à éviter la mort. Mais je ne veux pas contribuer à plus de malheur pour l’instant.

Les jours meilleurs viendront. Très bientôt.

J’ai l’espoir et le désir de vivre cette libération à la hauteur de votre invitation.

Je la vivrai pour moi, de manière bien égoïste, mais aussi pour tous ceux qui ne pourront plus le faire.

Lorsque ce jour-là viendra, je ne sais pas si vous penserez à moi.

Mais moi, je penserai à vous.

Bien à vous.

Laurent.

Autant en emporte le vent des dix petits nègres

 

Le racisme va disparaître.

Ouf. Enfin.

Mais oui, c’est magnifique. Certains ont trouvé la solution : supprimer les mots du racisme.

Je fais allusion ici au fait que le titre Les dix petits nègres du roman d’Agatha Christie vient d’être remplacé par Ils étaient dix.

Pour l’instant, seules les oeuvres artistiques sont touchées par cet lavage lexical.

Mais, parti comme c’est parti, je me dis que peut-être un jour, ce mot sera aussi enlevé  des dictionnaires.

Quitte à ne plus se sentir offensé, autant voir large.

J’imagine que pour certaines personnes bien intentionnées supprimer le mot ferait disparaître le racisme qui va avec.

Voyez-vous, je n’aime pas le mot nègre pour tout ce qu’il porte de mépris et de haine de l’autre.

Le problème c’est qu’une fois que le mot aura disparu, je ne pourrai plus ne plus l’aimer.

Puisqu’il n’existera plus.

Et il n’aura jamais existé puisque, si le mot nègre devait être supprimé, comment expliquerions-nous à nos enfants qu’à une époque des êtres mal intentionnés avaient mis en esclavage les gens de couleur et les appelaient nègres ?

Supprimés les mots du racisme donc.

Mais, nouveau problème : les racistes eux existeront toujours.

Soyons optimistes.

Peut-être que ces racistes auront compris leur leçon et feront le choix d’user de mots bien plus aseptisés pour véhiculer leur haine de la différence ?

Ils pourraient choisir par exemple le mot bisounours.

Ainsi, les personnes de couleur se verraient traiter de bisounours en toute impunité. Nous entendrions ainsi des injures racistes du type « Rentre chez toi sale bisounours.  »

Ce serait raciste mais non choquant.

Super.

En revanche, qu’en est-il du mot singe ?

Il faudrait le supprimer aussi de notre vocabulaire puisque les racistes n’hésite pas à nommer ainsi les gens de couleur.

Magnifique : les singes n’auront jamais existé non plus.

Quelle belle société qui se dessine devant nous ! Une société épurée et lavée de son histoire et de son contenu; dirigée par des personnes hyper-sensibles avec le bagage émotionnel de nourrisson dictateur. Incultes au possible ces Terminator de la bien-pensance sont juste avides d’un pouvoir de contrôle qui leur permettrait de transformer leur fantasme personnel en une réalité collective. Inadaptés au monde dans sa plus pure vérité, ils n’ont d’autre choix que de vouloir tordre la réalité afin de pouvoir imposer leur vision fantasmagorique.

Pardon, en disant Terminator, j’espère n’avoir offensé aucun robot.

On avait sentir venir ce vent d’épuration notamment lorsque la chaîne américaine HBO avait annoncé récemment vouloir supprimer de son catalogue le film Autant en emporte le vent. Le film présentant de riches américains blancs en train d’employer des esclaves noirs était en effet jugé offensant et raciste.

En effet, le racisme c’est raciste.

Mais raconter l’histoire d’une époque raciste ne rend pas l’oeuvre raciste.

Juste factuelle.

Oui, car le racisme a existé. Je le dis avant qu’on l’oublie.

Et ce n’est pas parce qu’on n’en parle pas, qu’il n’existe pas.

Je devrais me sentir soulagé non ?

Nous ne verrons donc plus de film traitant des méfaits de notre histoire.

Plus de film sur l’holocauste alors ?

Plus de film sur les différents types de colonisation, d’invasion, de massacres de population ?

Plus de film sur les guerres de civilisation, de religion ou de conquêtes ?

Plus de film sur les trafics de drogue, d’organes ou d’humains ?

Juste des films de super-héros affrontant des super-villains inexistants ou des comédies romantiques où chaque ligne de dialogue semble être en elle-même une conférence de développement personnel.

Juste le vide du fantasme. Le néant de la bonne conscience. Le désert du non-savoir.

Vivre ainsi est plus facile : rien de mauvais ne s’est jamais produit, le passé n’a jamais existé.

C’est exactement cette société-là qui est décrite dans 1984 de Georges Orwell.

Mince.

Non mais en fait, cette oeuvre n’a jamais existé. L’auteur non plus.

Et d’ailleurs, le prénom Georges est une pure fiction.

1984 est désormais un chiffre interdit.

Vous n’avez jamais lu ce billet.

***

Regard (Sur une société qui se maltraite)

Le spectacle

Le livre

 

 

 

 

Confinement : la solidarité à géométrie variable (Vidéo #3)

Bonjour à tous.

Nous voilà donc entrés dans la quatrième semaine de confinement.

Ces derniers temps, les preuves que nous pouvions changer en étant plus solidaires et moins centrés sur nous-mêmes n’ont cessé d’apparaître montrant bien que nous pouvons changer les choses.

Ceci étant, la solidarité reste pour certains d’entre nous un concept qui varie en fonction de l’état du moment.

C’est humain direz-vous ? Oui enfin, c’est surtout pénible.

Ca m’a beaucoup énervé.

Donc je préfère en rire.

Je vous laisse avec cette petite vidéo qui devrait faire écho.

Allez, on est ensemble. On reste en vie. On lâche rien.

Laurent

Voir la vidéo

 

Projet #JeSuisMila – #JeSuisCharlie – #NousSommesLaRépublique

 

Voir la vidéo de lancement

Bonjour à tous

Un petit message pour vous informer de la sortie de l’ouvrage #JeSuisMila – #JeSuisCharlie – #JeSuisLaRépublique le 12 Mars 2020.

Dans ce ouvrage, 50 personnalités se sont exprimées autour de la laïcité et la liberté d’expression suite à l’affaire Mila.

Pourquoi vous en informer ?

Tout simplement parce qu’après avoir écrit de nouvelles chroniques qui parlent désormais de sujets de société, qui me touchent ou m’énervent copieusement (Voir les chroniques ici), une journaliste qui avait lu l’article que j’avais écrit sur cette affaire, m’a proposé de participer à cet ouvrage et de faire partie de ces 50 personnalités.

Et donc. Ben voilà. J’allais pas dire non.

Je fais donc partie de ces cinquante personnalités puisque je m’y suis exprimé avec force et humour.

Et un peu de poésie aussi.

Vous l’aurez compris, je n’en suis pas peu fier (t’as vu Maman ? 6ème ligne sur la photo ci-après, clique, si, si, c’est bien moi).

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Je serai à Paris le 9 mars pour le lancement officiel de l’ouvrage avec présentation à la presse.

Si ce sujet vous touche, vous voilà informés.

Sinon, je vous donne rendez-vous lors d’un prochain spectacle ou intervention dans votre entreprise.

A bientôt.

Laurent.

 

Prochaines dates

Affaire Polanski : Au nom du Père

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Je suis père.

Si mon enfant avait été victime d’un pédophile, d’un agresseur sexuel ou tout autre pervers, je serai dévasté de douleur, rempli de chagrin et sûrement fou de rage.

Je souffrirais, connecté à la souffrance de mon enfant, avec le sentiment de ne pas avoir pu protéger la personne qui compte le plus pour moi sur terre.

Mais l’intensité de ces émotions ne varierait pas d’un pouce qu’on remette à l’agresseur une récompense artistique ou pas. Le mal serait là. Pour toujours.

A vie.

Si cette personne avait pour métier celui de Menuisier, Avocat, Comptable ou Plombier, je lui en voudrais toujours autant, sans recul et sans relâche.

Le simple fait qu’il existe et que je le sache en train de vivre, de boire un café ou de rire, suffirait sûrement à déclencher les émotions les plus brutales en moi.

Ce qui est sûr, c’est que si ma fille avait été la victime de M Polanski, ma colère serait sûrement décuplée, amplifiée, poussée à son paroxysme.

Car j’en voudrais aux vrais coupables, ceux qui ont laissé cela se produire.

Si j’avais été le père de Samantha Gailey, la première victime de M Polanski, j’en voudrais au Juge Laurence J. Rittenband, renommé comme étant un « dur », portant même le surnom « The Hammer » (le marteau) et je lui demanderais :  » Comment se fait-il qu’en premier lieu vous n’ayez condamné M Polanski qu’à trois mois de prison ?  »

J’ajouterais : « Comment se fait-il qu’au bout de 42 jours vous le libérâtes ? Vous trouviez que trois mois, c’était trop dur ? Ou est-ce que les faits ne permettaient pas de le condamner pour plus que cela ?« .

Mais surtout, je dirais :  » Comment se fait-il qu’en une nuit vous décidiez de transformer ces 42 jours en 50 ans, tout cela par pur orgueil, de peur de passer pour un faible, mais que vous soyez suffisamment bête pour prévenir d’abord l’intéressé, avant de le faire escorter par la police, provoquant ainsi sa fuite ? « .

Si j’avais été le père de Samantha Gailey, j’irais voir la justice américaine et je lui demanderais : « M Polanski affirme que ma fille avait des relations sexuelles par ailleurs au moment des faits, avec d’autres hommes, en plus de lui, et qu’elle en a témoigné devant le Grand Jury : est-ce vrai ? Que s’est-il passé concrètement ? Est-ce que c’est pour cela que le marché conclu de trois mois était le plus accommodant pour que tout le monde sauve la face ? « .

Je ne suis pas le père d’une victime. 

Je ne peux donner de leçons.

Mais c’est aussi pour cela qu’avec recul, je perçois qu’il y a une chaîne de responsabilités dans cette toute première affaire et que la justice américaine n’en prend aucune.

Cela me trouble car c’est ce premier événement qui détermine tout le reste.

Cet événement est fondateur car comme un effet papillon, il aura crée un contexte où il est impossible d’avoir une situation claire.

Soit le juge était fou, soit incompétent, soit c’était un pervers.

Qui prononce ainsi une sentence de trois mois, la laisse se dérouler tranquillement, annonce une réduction de peine sans sourciller, puis se met à « péter les plombs » en commençant à promettre cinquante ans de peine à une personne en liberté ?

Si M Polanski méritait plusieurs années de prison, pourquoi n’a-t-il pas été condamné en conséquence d’entrée de jeu ? Cela aurait évité toutes les affaires qui ont suivi ou du moins une partie.

A l’inverse, si les faits liés à ce premier procès ne permettaient pas, à l’époque, de le condamner à plus de trois mois, pourquoi le poursuivre ?

Pour rattraper leur débâcle sûrement.

Dans un tel cas, M Polanski n’aurait plus été un fuyard. 

Est-ce que tout aurait été réglé pour autant ?

Y aurait-il eu autant d’accusatrices après ?

Est-ce que M Matan Uziel qui a créé le site http://imetpolanski.com et qui a fait des promesses de récompenses à hauteur de 20.000 $ à toute personne acceptant de témoigner contre M Polanski (décrédibilisant ainsi tous les témoignages recueillis au travers de ce site), aurait eu envie de créer ce même site ?

Aurait-on pardonné à M Polanski et lui aurait-on remis un César en 2020, sans que cela fasse un tollé,  comme ce fût le cas pour d’autres éditions de cette même cérémonie ?

Est-ce que M Polanski aurait encore le droit de faire des films s’il avait été jugé une bonne fois pour toutes ?

Je n’en sais rien, mais j’ai le sentiment que non.

Je sais juste que, comme le montre l’affaire Weinstein et le jugement qui est en cours, ces affaires-là sont suffisamment complexes pour que justement, il y ait un jugement.

Peut-être que M Polanski devrait se rendre à la justice américaine ?

Vu comment celle-ci ne semble pas vouloir assumer ses errements d’il y a 43 ans, et vu qu’elle a refusé la demande de Samantha Gailey d’abandonner les charges retenues contre lui, il y a fort à parier que la justice américaine aurait sûrement envie de rattraper le coup pour satisfaire les attentes, non plus de justice, mais de vengeance d’une partie de la population.

M Polanski ne fera sûrement pas ce choix-là.

Je suis père.

Si j’étais le père d’une victime et que l’on n’est pas remis de César en 2020 à M Polanski, est-ce que vous croyez que cela enlèverait ma peine, ma souffrance ainsi que celle de mon enfant ?

Avec tous les Césars qu’il a déjà eus, les Oscars, les Palmes d’or, est-ce que le fait de n’avoir pas donné de César en 2020 aurait rendu les choses moins graves ?

Il serait toujours libre après tout.

Alors pourquoi le fait de lui donner un César devrait-il rendre les choses plus graves ?

Ce César remis est selon moi un prétexte.

L’académie des Césars sert de fusible légitime car elle est coupable de l’existence artistique et médiatique de M Polanski.

Elle témoigne qu’il est là, qu’il existe, qu’il a du talent.

Dans un contexte tumultueux et salvateur de libération de la parole des femmes, il faut pouvoir déchaîner les passions et s’en prendre à quelqu’un.

J’ai nommé l’Académie des Césars. Puisque techniquement, nous ne pouvons nous en prendre à la justice américaine.

J’ai le sentiment que les plus vifs détracteurs de M Polanski ne veulent plus qu’il soit jugé.

Ils ne veulent plus qu’il soit puni.

Ils veulent qu’il disparaisse, dans l’oubli.

Qu’il n’existe plus.

Je ne peux me mettre à la place d’une victime.

Mais si j’étais le père d’une victime, même mort son bourreau existerait toujours en moi, avec ou sans César.

Sources des faits : Le monde, France TV Info , Loopsider.

Au bûcher ! Christine Kelly relit le livre d’Eric Zemmour.

Dimanche 23 Février 2020.

Ce matin-là, mon fil twitter fait remonter au premier rang un tweet de Christine Kelly qui remercie certaines personnes de la soutenir.

« La soutenir à propos de quoi ? » me dis-je, intrigué.

Je regarde, je fouille et je comprends que Madame Kelly a reçu des menaces de mort pour avoir commis l’irréparable : elle travaille avec Eric Zemmour.

Mon dieu, quelle horreur !

Et pire que tout, j’attrape un twet au passage où on la voit liretun livre, devant sa télé.

Et pas n’importe quel livre : celui de Eric Zemmour.

Mon dieu, quelle horreur !

Et pourquoi donc a-t-elle ce livre en mains ?

Attention, accrochez-vous, âmes sensibles s’abstenir.

Elle le lit ce livre pour, selon ses mots, « Lire et relire pour mieux comprendre ».

Vous vous rendez compte ?

Lire et relire pour essayer de comprendre.

Mais dans quel monde vit-on ?

Prendre le temps de relire.

S’assurer que l’on a bien compris.

Essayer de rendre plus clair ce qui est flou.

Lire pour dépasser sa propre sensibilité ou perception des choses.

Lire pour ne pas rester bloqué dans la caverne platonicienne de nos ressentis, et affronter la réalité du monde.

Lire pour avoir des arguments et mettre les choses en perspective ?

Lire pour se faire son propre avis afin de garder une forme d’indépendance vis-à-vis des modes ?

Lire pour critiquer l’auteur ou sa vision si on le souhaite mais avec ses propres mots.

Lire car l’on perçoit bien que le monde est bien plus complexe que ce qu’il n’y paraît ?

Lire sous différents angles pour se rapprocher d’une vision à 360° ?

Lire pour se rassurer lorsque l’on doute.

Lire pour rejeter en blocs les propos avec lesquels nous ne sommes pas d’accord.

Non Madame Kelly, cela n’est pas possible.

Ou du moins, cela n’est plus possible.

Maintenant, il faut être dans un camp.

Et dans quel camp ?

Et bien dans le camp de ceux qui disent qu’il faut être dans leur camp.

C’est simple non ?

Puisque vous lisez et travaillez avec Eric Zemmour, c’est que vous êtes d’accord avec lui.

Et si vous n’êtes pas contre Zemmour,  vous êtes dans son camp.

Non mieux : vous êtes Zemmour.

Vite, vite, faisons taire tous ceux qui, pour comprendre la folie des hommes afin que cela ne se reproduise plus, ont un jour feuilleté « Mein Kampf » ou certains ouvrages de Louis-Ferdinand Céline, et tous ceux qui interviewent les membres du Rassemblement National.

C’est simple : Faisons taire tout ceux avec qui il ne faut pas être d’accord, en un tweet, sans recul, sans envie de comprendre, pour vite passer à autre chose.

C’est pourtant pas compliqué enfin Madame Kelly.

On ne cesse de le répéter : le bien c’est bien, et le mal c’est mal.

Ouf. Nous voilà rassurés.

Et puis surtout Madame Kelly, c’est quoi cette crise d’indépendance intellectuelle ?

Non mais. Vous croyez que le monde peut se permettre d’avoir des esprits libres tel que le vôtre ?

Vous croyez que ce monde binaire, façon « eux contre nous« , a besoin de gens qui adoptent la culture du doute ?

Vous croyez que l’on peut se permettre des gens impartiaux qui voient au-delà des étiquettes  posées sur le front des gens ?

Non vraiment, Madame Kelly, pas Zemmour.

La prochaine fois, faite plutôt une photo avec un exemplaire de « Martine à la plage ».

Travaillez donc avec Douchka, Dorothée ou Chantal Goya.

Ce sera moins dérangeant.

Ainsi,vous rassurerez tous vos détracteurs.

Euh, à moins que vous ne vous mettiez à dos tous ceux qui penseront alors que vous véhiculez avec un tel ouvrage et de telles fréquentations, une image dépassée de la femme, de la famille et une image dégradée du journalisme.

Ah la, la.

Vraiment, vous ne faîtes aucun effort Madame Kelly.

Et vous savez quoi ? Vous avez bien raison.

Restez comme vous êtes.

Restez Libre.

 

 

 

 

La loi « Pavlenski » contre les crimes d’hypocrisie

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Voilà.

Nous en sommes enfin arrivés à l’époque du jugement individuel, avec sanction immédiate dispensée par un justicier, et sans aucun procès préalable.

Yes. Enfin. Comme dans « Batman » ou « Règlement de compte à OK CORRAL ».

Oui, Mesdames et Messieurs. Benjamin Griveaux, vient d’être jugé et exécuté politiquement par un homme irréprochable aux vertus les plus nobles.

J’ai nommé : Piotr Pavlenski.

Rien que le nom, ça pète.

On a l’impression que c’est l’Armée Rouge qui débarque.

Piotr Pavlenski. Tu te dis « Le gars, nécessairement, c’est un modèle. Il est porteur des valeurs de la grande Russie. Noble. Droit. ».

Et bien oui. Car, au mépris des lois françaises et au risque de se faire connaître nationalement et de faire le buzz, Piotr Pavlenski, n’a pas hésité une seconde à exécuter politiquement Benjamin Griveaux pour cause de… (ton plus calme) euh, attendez, je regarde mes notes. Ah voilà…pour cause d’hypocrisie.

Waouw.

Non mais c’est sûr, l’hypocrisie, en Russie, ça pardonne pas. La Russie ? Le paradis de l’intégrité sur Terre.

Et puis, Piotr c’est un mec sensible. Avec lui, on rigole pas avec la famille.

Se clouer les testicules sur une place en signe de protestation contre l’état policier, ça, ça passe. Même si des familles passent par là, avec des enfants apeurés qui pourraient être choqués par cette vision d’horreur.

C’est pas grave.

Mais  un homme politique mettant régulièrement en avant  ses valeurs à propos de la famille, dans Paris Match, tout en étant lui-même infidèle ?

Quoi ? Un homme politique infidèle ?

Piotr, n’en est pas revenu.

Sur le moment, j’ai pensé : « Il vit au pays des Bisounours Piotr ? ».

Et puis je me suis dit,  « Non mais, c’est important de choisir ses combats. ».

Après, si j’avais un petit conseil à donner à Piotr, c’est qu’il va falloir qu’il s’habitue un peu à l’hypocrisie des hommes politiques français.

Surtout s’il veut rester en France.

Ah parce que sinon, il va devoir bosser dur.

Attends, tu mets Piotr sur l’affaire Balkany ? Le mec te décimes Levallois-Perret.

Non, mais : dans le fond, je suis inquiet pour Piotr. Faudrait pas qu’il nous fasse un burnout. Parce que, bon, il y a les hommes politiques en France, mais il y aussi tous les autres corps de métier dans tous les autres pays.

J’espère qu’il est organisé. Il va commencer par quoi ? Les banquiers, les avocats, les notaires, les médecins, les comptables, les journalistes, les psychologues, les humoristes avec 25 ans de métier en manque d’inspiration ?

Ah ben au bout d’un moment, il va lui falloir des paires des testicules de rechange, vu tous les combats anti-hypocrisie qu’il a à mener.

Quand je pense à tous ces écolos qui font des milliers de kilomètres sur des paquebots à destination des pôles pour être « émerveillés par cette banquise qui fond et qui se désagrège » à cause de la pollution humaine…

Désolé, les gars, mais maintenant, c’est la loi de Piotr qui parle :  exécution immédiate.

Non mais sérieusement ? Benjamin Griveaux ? Candidat à la mairie de Paris qu’il n’aurait sûrement pas gagné, c’est lui qu’il fallait punir ? Pour hypocrisie ?

Et puis surtout : il fallait une punition ? Ah oui c’est vrai, attention. Piotr Pavlenski défend la famille.

Un mot pour les enfants de Benjamin Griveaux mon cher Piotr ?

La question que je me pose c’est : On peut tous faire ça alors ?

On peut tous s’exécuter comme ça ? Pour se décharger de nos pulsions les plus primitives ? De notre mal-être ? De notre propre hypocrisie.

Car c’est bien de cela dont il s’agit dans le fond.

Piotr, mon cher Piotr : je crois que c’est de ta propre hypocrisie dont tu as voulu te décharger. Une belle projection immature qui n’aura rien changé à ce que nous sommes.

C’est sûrement parce que tu es un artiste. Pardon, un activiste. Excuse-moi, je ne sais plus comment te nommer. Ton statut n’a cessé de changer depuis qu’apparemment, tu as poignardé deux personnes le soir de la Saint-Sylvestre.

Et c’est vrai, qu’à notre époque, il ne faut pas mélanger  l’activiste et l’artiste.

Mais heureusement, sois rassuré, car en France, nous savons encore faire la différence entre un vrai militant et un clown.