La Pensée Politique d’Audrey Pulvar compressée en un Tweet !

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Les personnalités politiques n’ont plus le choix.

Elles doivent s’exprimer sur Twitter, en 140 caractères.

Quelle société complètement folle !

Nous en sommes arrivés au point où les représentants du peuple, doivent exprimer une pensée politique en quelques dizaines de caractères.

Et on se demande pourquoi quelque chose dysfonctionne dans nos institutions ?

Audrey Pulvar n’échappe pas à la règle et elle en paie le prix.

Sa pensée est compressée, raccourcie et l’on ne prend plus le temps de comprendre, d’analyser.

L’origine du drame : les réunions en non mixité.

Si on prend le temps de l’écouter, elle exprime clairement qu’elle n’aime pas l’idée que l’on interdise certains réunions dites en non-mixité, mais qu’elle comprend que certaines populations, notamment victimes de discriminations, aient besoin de se retrouver dans un environnement où les participants pourront parler librement.

Comme vous le voyez, cela prend plus de 140 caractères.

Comme le dit Madame Pulvar, la vérité intéresse peu finalement. Seul le bruit compte.

Je prend le temps d’écrire ces quelques lignes pour exprimer un décryptage, mais du moment où ce billet paraîtra sur les réseaux sociaux, je pourrais facilement me faire traiter de gaucho, de ceci ou de cela.

En 1 tweet !

Certains vont même penser que je vais défendre Madame Pulvar de manière unilatérale alors que si vous allez jusqu’à la fin du billet, vous verrez qu’il n’en est rien.

1 Tweet ne suffit pas à me représenter.

1 Tweet ne suffit pas à représenter la pensée d’Audrey Pulvar.

Pour qu’elle n’ait pas à subir les réactions brutales et violentes que ses déclarations ont déclenchées, il aurait fallu qu’elle prenne le temps d’écrire un texte complet présentant sa pensée.

Mais qui l’aurait lu ?

Audrey Pulvar est une femme de dialogue. Elle ne place pas la race au centre de sa pensée. Je me souviens d’un entretien il y a plusieurs années où une journaliste lui disait : « Qu’est-ce que cela vous fait d’être la première journaliste noire à présenter un JT ?« 

Elle avait clairement répondu qu’elle était journaliste. Point.

C’était il y a une éternité. 10 ans peut-être.

Désormais, pour exister, les personnalités politiques sont obligées d’occuper la Twittosphère.

Si l’on n’existe pas en 140 caractères, on n’existe plus du tout.

On en est là !

Mais ce n’est pas tout.

Il y a un revers de la médaille tout aussi pervers.

S’il est vrai que cette ultra-rapidité cache la pensée globale d’Audrey Pulvar, cela cache aussi certains enjeux inhérents à la mise en place de réunions en non-mixité.

Bien sûr qu’un Tweet voulant défendre les propos d’Audrey Pulvar pourrait affirmer que les réunions féministes réservées aux femmes ou groupes de parole pour hommes ont toujours existé.

Mais ce que ne dirait pas ce Tweet c’est que d’une part, ces réunions étaient réservées aux uns. Elles n’étaient pas interdites aux autres.

Ce Tweet cacherait aussi que jusqu’à présent ce genre de regroupements était thématique : personnes victimes du racisme ou d’homophobie, femmes violentées ou ayant vécu le sexisme dans l’univers professionnel.

Présentées ainsi autour d’un thématique, elles sont au-même niveau qu’une réunion des Alcooliques Anonymes.

Mais ce que ne dirait pas ce Tweet défenseur, c’est que les réunions non-mixtes proposées actuellement ne se pont axées sur une thématique. Elles partent du principe que, par exemple, si vous êtes noir, vous êtes une victime. De base. Et que ces réunions vous sont réservées et sont interdites aux blancs.

Et ça, selon moi, c’est du racisme et pas du regroupement de citoyens autour d’une problématique.

Ce genre de pratique sépare les citoyens et les empêchent de faire nation.

Car c’est bien de cela dont il s’agit : la citoyenneté.

De base, en tant que citoyen, je suis dans ces débats-là.

Non pas parce que je suis né en France, avec la Nationalité Française mais parce que je consens à faire nation.

Je le répète : je suis citoyen, je consens à faire nation et de fait, ces sujets me concernent autant que d’autres citoyens. Ma couleur de peau, mon origine, mon genre, mon sexe ou mon orientation sexuelle ne peuvent être une barrière au débat.

Pour conclure :

Je soutiens Audrey Pulvar dans sa volonté de respecter les souffrances de populations victimes de discrimination au travers de réunions où la parole pourrait se libérer,

mais je reproche à Audrey Pulvar de ne pas mettre en avant les risques de telles pratiques, car j’ai la conviction qu’elle ne peut pas ne pas les connaître.

Mais comment résumer cela en un Tweet ?

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